principes

© Ishta


Concerned photography

Cornell Capa (1918–2008) chose the phrase « concerned photographer » to describe those photographers who demonstrated in their work a humanitarian impulse to use pictures to educate and change the world, not just to record it. During a long and distinguished career as a photographer, Capa worked for « Life magazine » from 1946 to 1967, and for the Magnum Photos agency beginning in 1954, covering social and political issues in the United States, as well as England, the Soviet Union, Israel, and Central and South America…
« Concerned photography » is the recording of what the world looks like, with a social and/or environmental focus. It is a form of documentary photography, with the aim to draw the public’s attention to ongoing social issues. It may also refer to a socially critical genre of photography.

Cornell Capa a choisi l’expression « photographe concerné » (ou « photographe engagé ») pour décrire celles et ceux qui montraient dans leur travail un motif humanitaire à utiliser des images pour instruire et changer le monde, pas seulement pour l’observer. Au cours d’une longue et remarquable carrière de reporter, C. Capa a travaillé pour Life magazine, de 1946 à 1967, et pour l’agence Magnum Photos, à partir de 1954, couvrant principalement des sujets sociaux et politiques aux États-Unis, ainsi qu’en Angleterre, Union soviétique, Israël, en Amérique centrale et du Sud… La « photographie engagée » fait le constat de ce à quoi le monde ressemble, avec un accent social ou environnemental. Il s’agit d’une forme de photographie documentaire et critique, dont le but est d’attirer l’attention du public sur les problèmes sociaux.


Une façon de vivre
« L’appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l’instrument de l’intuition et de la spontanéité, le maître de l’instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois. Pour « signifier » le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l’on découpe à travers le viseur. Cette attitude exige de la concentration, de la sensibilité, un sens de la géométrie. C’est par une économie de moyens et surtout un oubli de soi-même que l’on arrive à la simplicité d’expression.
Photographier : c’est retenir son souffle quand toutes nos facultés convergent pour capter la réalité fuyante ; c’est alors que la saisie d’une image est une grande joie physique et intellectuelle.
Photographier : c’est dans un même instant et en une fraction de seconde reconnaître un fait et l’organisation rigoureuse de formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait. C’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. C’est une façon de vivre. »
Henri Cartier-Bresson

L’humanité de l’instant
« S’il est une chose que doit posséder une photographie, c’est l’humanité de l’instant. Cette forme de photographie est appelée réalisme. Mais le réalisme seul ne suffit pas. Il doit être visionnaire. C’est à ce prix qu’une photographie pourra être réussie. La ligne est ténue où s’arrête le sujet et commence l’esprit. »
Robert Frank

Observateur critique

« Je me suis autodésigné comme observateur critique de la société dans laquelle je suis né, avec une tendance à faire honneur et donner une reconnaissance à ce qui est souvent ignoré ou invisible. »
David Goldblatt

Documentaire critique

« Ainsi, nous entendons ne pas laisser dans l’ombre qui et quoi que ce soit, et cela fonde à notre sens un projet documentaire. Nous ne saurions refuser le monde, ses évidences, au profit d’un monde uniquement tourné vers le profit, l’exclusion, l’exploitation, le nationalisme étroit. Nous préférons considérer, au contraire, les subalternes, ceux qui sont les grands acteurs de l’Histoire bien qu’ils aient disparu des sphères organisées de la visibilité. (…) La photographie documentaire entend s’exercer comme une des modalités de pensée critique du monde, pour le pire et le meilleur, mais surtout dans un large mouvement prospectif pour l’avenir. »
Philippe Bazin

Les signes

« Ce qui m’intéresse, ce sont les signes que trace l’homme sans le savoir, mais sans faire mourir la terre. Ce n’est qu’alors qu’ils ont un sens pour moi, ils deviennent émotion. Finalement, photographier, c’est comme écrire : le paysage est plein de signes, de symboles, de blessures, de choses cachées. C’est un langage inconnu que l’on commence à lire, à connaître au moment où on commence à l’aimer, à le photographier. »
Mario Giacomelli, entretien avec Frank Horvat, février 1987. 

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